24 heures dans la vie d’une femme durant la guerre

24 heures dans la vie d’une femme durant la guerre



Durant 24 heures, je vais essayer de me mettre dans la peau d’une femme de mon âge (30 ans), Mademoiselle ou vieille fille selon les points de vue d’époque. Je vis à Bordeaux, où le 14 juin 1940, la ville accueille le gouvernement présidé par Paul Reynaud. À partir de novembre 1942, la ligne de démarcation mets Bordeaux dans la France occupée. La zone libre sera à quelques kilomètres de la ville dans les Landes.

Minuit : L’expérience commence. J’ai éteint le chauffage, car les convecteurs électriques n’existaient pas, et le charbon qui était utilisé pour se chauffer était rationné. Mon lit est fait à l’ancienne, frissonnant entre mes draps et ma couverture, je vais chercher d’autres épaisseurs .

 

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9h30 : réveil et petit déjeuner frugal, je ne mange qu’une tartine de pain (vu que la ration de pain est de 100 g par jour, je dois le faire durer.) Je bois une infusion à la menthe du jardin, afin de remplacer le thé qui est sans doute rationné.

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La toilette se fait à froid au lavabo, je ne peux pas utiliser le savon, car il est très rare à l’époque. Je me laverai les cheveux et le corps demain. Cela fait bizarre d’être simplement rincé à l’eau froide.  Je me coiffe comme dans les années 40 avec une brosse en bois, pas d’élastique ni de maquillage. J’ai l’impression d’avoir 10 ans de plus.

Je superpose les couches de vêtements pour ne pas a avoir froid. Cela n’a rien à voir avec mon look de tous les jours, ou je suis à l’aise et libre de mes mouvements. Avec mes chaussures à semelles de bois, je fais un bruit infernal et je ne peux pas courir, car j’ai peur de tomber sur les pavés. En plus, avec ma robe en coton, je ne porte pas de collant, ni de bas, la faute au rationnement textile. La fraicheur se glisse partout, j’ai peur de tomber malade.

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11h : Enfin prête à sortir pour faire mon marché. Cet horaire n’a rien à voir avec celui de l’époque, dès 6 heures du matin des femmes faisaient la queue pour trouver à manger. Comme je suis categorie A(Adulte), je prends 100g de viande, des topinambours et des rutabagas que ma grand-mère a en horreur, ce sera pour moi 1300 calories en moyenne pour aujourd’hui.

13h30 : le menu est bien maigre, un minuscule bout de viande, des topinambours et des rutabagas. Je comprends ma grand-mère, elle avait raison. Des pommes viennent améliorer la fin du repas. Puis, j’ai failli craquer en mangeant un bon plat de pâtes. Je tiens à faire cette expérience entièrement.

17 heures : la nourriture devient de plus en plus présente dans mon esprit, mais cela n’a rien à voir avec la réalité de l’époque. Je craque en me faisant une omelette pour calmer ma faim et avoir l’esprit à travailler à la machine à coudre.

20 heures : je reçois mes amis à la maison, la nuit nous oblige à tamiser les lumières à cause de la mesure de défense passive. Ce soir pas d’ordinateur pour faire de la musique, je leur propose de chanter les chansons années 40.

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21h30 : nous simulons une alerte, on imagine que les alliés bombardent Bordeaux,  mais cela nous est dur, nous ne gardons pas notre sérieux malgré l’ambiance morose de la pièce.

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22h30 : fin de l’alerte, nous remontant à l’appartement. Nous finissons notre 2e bouteille de vin. J’ai autorisé cela, car j’en avais avant l’expérience, de plus j’ai de la famille qui travaille dans le vin. Et ceux qui avaient des relations à la campagne pouvaient plus facilement améliorer leur ration alimentaire.

Minuit : enfin, l’expérience est finie! Je m’empresse de faire un bon repas et de le partager avec mes amis.

2h: Ils partent de chez moi, et non pas à craindre le couvre-feu imposé durant la guerre de 05h à 22h.

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Conclusion : certains ont une vision romanesque de la dernière mondiale, mais la réalité est complètement différente. Je n’ai vécu que 1/1000 du quotidien et de ses souffrances, c’est pourquoi, je voudrais partager cela avec le public durant les reconstitutions historiques, pour que l’on oublie pas que la 2e guerre mondiale était tout sauf drôle.

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